On s’occupe beaucoup à la Chambre et dans les journaux de la loi sur la propriété littéraire.—On a déjà prononcé beaucoup de discours, on a écrit de longues pages, et nous ne sommes pas au bout. Il y a quelques années déjà,—au milieu d’une discussion sur le même sujet,—j’avais proposé une loi, qui a été jugée, en ce temps-là, par les meilleurs esprits, si simple, si raisonnable, qu’on n’y a pas trouvé la moindre objection. Ce projet de loi, le voici,—j’ai lu tout ce qu’on a dit, tout ce qu’on a écrit sur la question; il répond à tout:

ARTICLE UNIQUE. La propriété littéraire est une propriété.

Et cette propriété, une fois reconnue, rentrerait dans toutes les lois et ordonnances relatives à la propriété en général. Cela est simple,—cela est facile à trouver,—ce qui n’empêche pas que cela ne sera pas pris en la moindre considération.

On a frappé de ridicule l’ancien amour romanesque,—qui attendait cinq ans un regard,—cinq autres années un ruban,—cinq autres années un baiser sur la main, et n’arrivait à recevoir le prix de son douloureux martyre que lorsque ce prix était considérablement avarié et décrépit.—Cependant l’amour ressemble beaucoup à un jardin au bout duquel on arriverait en trois pas, si le chemin à faire n’était prolongé en une foule de petites allées tournant capricieusement, fleuries et embaumées.

La nature avait donné à l’homme sa femelle, comme à tous les animaux,—c’est l’homme qui a inventé la femme,—et c’est sa meilleure invention.

En ce temps-là, les romans et les romances ne vous peignaient que des Amadis ténébreux et des Galaors mélancoliques—chantant leur martyre dans leur délire, etc.

Aujourd’hui on a changé cela comme bien d’autres choses; les romans et les romances ne représentent plus que des femmes méprisées,—se roulant, se tordant aux genoux d’un homme,—ce qui est assez laid.

La même manie de changement qui a fait mettre sur les adresses le numéro avant la rue,—a amené quelque chose de plus grave et de plus satisfaisant pour la vanité des gens;—autrefois, quand on perdait un parent,—la formule des lettres de faire part était celle-ci: