Non pas les honnêtes gens et les fripons;
Non pas les gens d’esprit et les sots;
Non pas les hommes de cœur et les lâches;
Non pas les savants et les ignorants;
Non pas les hommes élégants et les rustres.
Il n’y a que les hommes qui portent des gants jaunes et les hommes qui n’en portent pas.
Quand on dit d’un homme qu’il porte des gants jaunes,—qu’on l’appelle un gant jaune,—c’est une manière concise de dire un homme comme il faut.—C’est en effet tout ce qu’on exige pour qu’un homme soit réputé homme comme il faut.
Comme, par les raisons que j’ai déduites plus haut, il n’était pas aisé de parvenir à l’aristocratie, on a fait descendre l’aristocratie à la portée du plus grand nombre,—à une paire de gants de cinquante sous.
Mais ce privilège, déjà fort modifié,—ce monopole déjà bien partagé, a fait crier les gens qui n’y atteignaient pas encore,—et on a demandé l’abolissement de l’aristocratie comme on demande à présent l’abaissement du cens électoral.
Le besoin de gants jaunes à vingt-neuf sous se faisait trop généralement sentir pour que l’industrie ne vînt pas au secours des victimes du monopole.