CHOSES DIVERSES.—Il y a des honneurs bizarres;—ce qu’un marchand appelle son honneur, c’est de payer ses billets,—parce que c’est seulement ainsi qu’il a du crédit, c’est-à-dire qu’il peut remuer une somme d’argent plus que décuple de celle qu’il possède en réalité; mais, une fois un billet protesté, un marchand est capable de tout.

Un juge d’instruction ne reçoit que douze—quinze ou dix-huit cents francs:—c’est une sottise.—La magistrature, en général, n’est pas payée,—il n’y a pas un chanteur de province qui se contenterait des appointements d’un président de cour royale.—Eh bien! à ce juge d’instruction qui reçoit quinze cents francs,—offrez cent mille francs pour qu’il trahisse—son devoir,—il les repoussera avec indignation,—mais rien ne l’arrêtera s’il s’agit de son avancement—qui peut-être augmentera son revenu de cent écus.

LES AMIS.—Un ami, c’est un homme armé contre lequel on combat sans armes.

—C’est un homme qui sait sur quel coup précisément il vous prendra en tirant l’épée.

—C’est un homme qui connaît l’escalier qui conduit chez votre femme; qui sait les moments de froideur et les instants où vous êtes dehors et l’heure précise à laquelle vous rentrerez.

—Un ami, c’est Judith qui vous assoupit dans ses bras et vous tue au milieu des songes agréables qu’elle vous fait faire.

—C’est Dalilah qui connaît le secret de votre force et de votre faiblesse.