DEUXIÈME MANIÈRE.—Mais pour ceux qui se sont laissé aveugler par la lecture de certains carrés de papier, où on répète les saugrenuités emphatiques que le gouvernement actuel disait contre son prédécesseur, alors qu’il n’était pas encore gouvernement,—pour ceux qui ont tenté sans succès contre ledit gouvernement actuel ce qui a si bien réussi audit gouvernement actuel en juillet 1830.

Les philanthropes ont arbitré—qu’il était difficile d’être plus sévère contre eux qu’un père, ancien mauvais sujet, ne l’est pour son fils, à l’égard des fautes qu’il a commises autrefois, jusqu’à ce que l’âge soit venu lui apprendre à traiter de vices les plaisirs qu’il ne peut plus prendre, et à ériger en vertus les infirmités qui lui arrivent;

Que le monde n’attache aucune idée de déshonneur aux crimes politiques;

Qu’en un mot, les condamnés politiques étant moins malheureux que les autres,—on peut sans scrupule faire sur eux des essais philanthropiques variés, tels que le régime cellulaire,—l’isolement,—et une foule de tortures morales,—par suite de quoi la plupart de ces pauvres diables—meurent furieux ou vivent fous et idiots.

Les philanthropes,—pendant longtemps,—ne s’occupèrent de l’homme qu’à son entrée en prison,—ne faisant pas la moindre attention à lui tant qu’il n’est que misérable et dans la longue route de privations, d’abstinence et de douleurs qu’il parcourt avant d’arriver au crime.

Ils ont craint, un moment, de voir manquer les occasions de s’attendrir,—et, perfectionnant leur industrie,—ils ont imaginé de donner aux enfants une éducation toute littéraire et républicaine,—éducation qui, sous le premier point de vue, les détourne des métiers utiles et productifs, et, sous le second, les élève dans l’admiration d’une foule de vertus d’une autre époque, vertus toutes prévues par le Code pénal,—et dont la moindre envoie celui qui la pratique faire, à Brest ou à Toulon, un voyage de cinq ou six années.

D’où vient que pas un de ces braves philanthropes,—aujourd’hui que plusieurs d’entre eux sont fort bien vus au château,—n’a imaginé de rendre un peu plus amusantes les fêtes que l’on donne au peuple à certains anniversaires?