La question adressée à M. Mallac par l’infante d’Espagne me rappelle une mésaventure arrivée à un dramaturge obscur à propos d’une cantatrice de second ordre, qui a les cheveux roux,—mais qui n’en convient pas.—Le pauvre diable avait fait laborieusement un éloge des cheveux roux.

«Apollon,—dit-il dans sa lettre,—avait les cheveux roux comme Jésus-Christ et comme sainte Magdeleine.—La nature avare, qui a caché les pierreries dans le sein de la terre et les perles au fond des mers, a rendu rares les plus belles choses.—La rareté des cheveux roux en signale le mérite.—Il n’y a que deux couleurs de cheveux:—le noir et le roux.—Le blond est au roux ce que le châtain est au noir; le blond est un roux incomplet et manqué.

»Le roux est de la couleur de l’or et du feu,—de l’or, le plus précieux des métaux;—du feu, le plus puissant des éléments,» etc., etc.

Il y en avait sept ou huit pages, que je veux bien vous épargner.

La dame répondit: «Il est possible, monsieur, que votre lettre soit spirituelle et qu’elle soit agréable à quelque femme, si vous en connaissez qui ait les cheveux de la couleur que vous préconisez si fort. ***»

«P. S. Je ne pourrai me trouver au souper auquel vous m’aviez invitée,—j’ai ma migraine.»

M. VILLEMAIN.—«Que l’on est donc méchant dans le monde! disait l’autre jour M. Villemain: voilà déjà que l’on veut nuire à mes pauvres petites filles: on répand le bruit qu’elles me ressemblent.»