MADEMOISELLE FITZJAMES.—Mademoiselle Fitzjames est une danseuse très-maigre, qui a une plus grande influence politique qu’on ne le croit généralement.—L’autre soir, en la voyant danser avec une écharpe de gaze,—quelqu’un a dit: «On dirait une araignée qui danse avec sa toile.»
M. MOLÉ.—Le jour du grand dîner de trois cents couverts donné pour le baptême du comte de Paris,—on a oublié d’inviter M. Molé,—qui a cependant donné à dîner au roi, à Champlâtreux.
HUMBLES REMONTRANCES A MONSEIGNEUR DE PARIS.—C’est une bizarre chose aujourd’hui qu’une promenade du roi au travers de ce peuple qui a laissé dire pendant tant de temps à ses poëtes qu’il adorait ses rois. L’art militaire n’a pas d’études, la stratégie n’a pas de secrets qu’on n’emploie pour protéger la rentrée et la sortie de Louis-Philippe;—les sentinelles avancées, les marches, les contre-marches, toutes les ruses de guerre sont mises en usage pour faire prendre l’air à Sa Majesté.—Je ne sais si Turenne ou Napoléon, s’ils étaient encore de ce monde, deux hommes qui en leur temps passaient pour entendre quelque chose à l’art de la guerre,—j’en parle par ouï-dire, je ne m’y connais pas;—je ne sais s’ils se chargeraient sur leur tête de faire, sans danger, promener le roi de France pendant une heure au milieu de son peuple. Quand le roi doit sortir, on fait maintenant une haie de soldats du côté opposé à celui qu’il doit prendre, puis on change brusquement de route.
On lit dans les journaux:
«Après la cérémonie, vers midi et demi, au moment du retour, les gardes municipaux et les sergents de ville ont ouvert le passage sur le quai aux Fleurs, le pont au Change et les quais de la rive droite, en forçant la foule à reculer. Le public, pensant alors que le cortége suivait ce chemin, s’est porté de ce côté; mais alors le cortége a passé devant la Morgue; il a suivi le quai des Orfèvres, le pont Neuf, les quais de la Monnaie et Malaquais, le pont du Carrousel et le quai des Tuileries. A une heure, le roi était rentré au château.»
On a remarqué que la voiture du roi n’était traînée que par deux chevaux.
C’est ce moment que monseigneur l’archevêque de Paris a pris pour prononcer un discours, qui aurait été fort convenable adressé à Louis XIV, mais qui a l’air aujourd’hui d’une sanglante ironie:—«Sire, a dit monseigneur Affre,—Jésus-Christ, par le premier de ses sacrements, impose le même caractère au descendant des rois et au fils du citoyen le plus obscur.»