De tout temps, on a aimé à conspirer en France.—Demandez à M. Amilhau, aujourd’hui député et président d’une cour royale.
LA CONJURATION DE M. AMILHAU POUR FAIRE SUITE A LA CONJURATION DE FIESQUE.—M. Amilhau conspirait sous la Restauration.—Tout le monde conspirait alors.—M. Amilhau s’en allait tous les soirs conspirer après son dîner, cela aidait sa digestion.—Il arrivait en fiacre, donnait un mot d’ordre, faisait sa partie de whist—et s’en allait régulièrement à minuit moins un quart pour ne pas mécontenter son portier.—Cela dura dix ans, sans que M. Amilhau manquât une seule fois, sans qu’il se commît une indiscrétion.
Un jour, au bout de dix ans, un des conjurés demanda la parole, on la lui accorda en murmurant: cela dérangeait les parties.
—Messieurs, dit-il, il est temps d’agir.
Comment agir, dit M. Amilhau en se levant, agir? Qu’entendez-vous par ces paroles? pour qui me prenez-vous? Apprenez, monsieur, que je suis un honnête homme, incapable de rien faire contre les lois de mon pays.
Cela dit, M. Amilhau prit sa canne et son chapeau, s’en alla et ne revint plus.
Le marquis de Crouy-Chanel a un cousin qui demeure dans ma maison.
Ce matin-là, il faisait un temps superbe; mes pigeons faisaient chatoyer au soleil levant les émeraudes, les améthystes et les saphirs de leurs cols.—Je m’habillai et je sortis dans l’intention de faire une des dernières promenades de l’année.—Comme j’allais passer le seuil de ma porte, deux messieurs s’opposèrent à ma sortie, qui me dirent: