Les académiciens ont ajourné à trois mois l’élection sur laquelle ils n’ont pu tomber d’accord.—Chacun des concurrents est invité, d’ici là, à faire un chef-d’œuvre.

Les voix obtenues par M. Bonjour peuvent se diviser en deux classes:—Les unes signifiant «pas Berryer,» les autres voulant dire «pas Hugo.» M. Bonjour n’est qu’une négation.

M. Thiers a fort soutenu M. Berryer.—M. Thiers est trop égoïste, ses amis le savent bien, pour conspirer pour quelqu’un; mais, en appuyant M. Berryer, il se fait une planche pour aller un peu aux légitimistes.—Il est de même pour un autre parti;—ne pouvant louer ouvertement les opinions politiques de MM. Berryer et Michel (de Bourges), il proclame ces deux avocats, qui n’écrivent pas, les deux plus grands écrivains du siècle.

L’élection de M. Berryer, n’ayant pas été enlevée, est manquée pour longtemps.—On s’attendait à voir M. Berryer écrire qu’il renonçait,—mais M. Berryer n’écrit pas. Il improvisera sa renonciation au domicile de ses amis.—On a prêté divers mots à MM. de Chateaubriand, Scribe, etc.—En voici un que je cite parce qu’il vient à l’appui de ce que je disais tout à l’heure: «Que le gouvernement fait tout ce que veulent ses ennemis.»—Quelqu’un a dit: «Mais que veut donc obtenir M. Casimir Delavigne, qu’il se met contre le roi à l’Académie?»

M. Dupin a dit à M. Berryer: «Ma voix ne vaut pas la vôtre, mais elle vous appartient.»

Il a dit à M. Hugo: «A quoi peut servir une voix, si ce n’est à vous proclamer un génie.»

Il a voté pour M. Bonjour.