A la Chambre, on a trouvé le discours très-sage, très-convenable, et chacun a été fort content de son lot, mais très-mécontent du lot de son voisin.
En Angleterre, pas un journal ni whig ni tory ne l’a commenté, ne l’a cité, n’en a parlé, ne l’a lu,—il a été considéré comme non avenu. Ç’a été un fiasco complet.
Au point de vue de la diplomatie, le discours n’apprenait rien sur la question, et tout ce qui a rapport au pacha d’Égypte présentait de telles lacunes, que tout le monde a été d’accord sur ce point, que ce n’est pas ainsi, en n’en montrant qu’un côté, qu’on peut avoir la prétention de traiter sérieusement les affaires.
Un célèbre orateur n’a pas parlé sur l’adresse.—Son silence a étonné bien des gens. En voici l’explication: cet orateur, avocat, comme tout le monde,—renonce généreusement, pour représenter son parti à la Chambre des députés, à l’exercice de sa profession qui lui rapporterait au moins cent mille francs par an. Il n’a pas de fortune, et le parti lui alloue une indemnité annuelle.
En ce moment, soit que le parti trouve que son orateur ne parle pas assez pour ce qu’on lui donne, soit qu’il ait épuisé sa bourse et son cœur pour une royale infortune qui gémit dans l’hospitalité, il est en retard d’un trimestre, et l’orateur sera muet ou enrhumé jusqu’à solde de tout compte.
M. Passy—s’occupe de la conversion des rentes,—nous allons nous occuper un peu de M. Passy.
Comme orateur, M. Passy est tout à fait insupportable à cause d’un défaut dans la prononciation qui le rend aussi fatigant qu’inintelligible.—Je me rappelle une phrase prononcée (si on peut appeler cela prononcer) par lui pendant qu’il était dans l’opposition et qu’il faisait contre le ministère d’alors la guerre que l’on fait aujourd’hui contre lui, avec les mêmes armes et les mêmes arguments. «Les choufranches de la Franche viennent chancheche de che que le minichtère n’a pas de chychtème.
Comme homme d’État et comme administrateur, M. Passy a été perpétuellement, et d’une façon bizarre, sous la double et contraire influence des deux prénoms qu’il a reçus.