Une guêpe voyageuse me rapporte une petite histoire de Goritz.—M. de *** était allé faire sa cour au duc de Bordeaux.—En prenant congé du jeune prince, il parut un peu embarrassé, balbutia, hésita, et cependant finit par lui dire: «Monseigneur, Votre Altesse Royale excusera la liberté que je vais prendre,—mais je ne dois rien vous cacher de ce qui est dans vos intérêts: l’Europe entière a les yeux sur vous, monseigneur;—vous n’ignorez pas la puissance de la mode, en France.—Eh! bien... vos habits ne sont pas à la mode! permettez-moi, monseigneur, de vous en faire faire d’autres à Paris et de vous les envoyer.
—Monsieur de ***, répondit le prince en souriant, je vous suis infiniment obligé de votre soin.—Vous me rappelez en ce moment le plus fidèle serviteur d’un des anciens rois de France.»
Quand M. de *** eut pris congé, une des personnes qui étaient auprès du prince lui demanda à quel roi et à quel serviteur il avait voulu faire allusion.
—Comment, répliqua le duc de Bordeaux, vous ne savez pas mieux l’histoire de France?—J’ai voulu parler du grand roi Dagobert et de son conseiller, dont M. de *** m’a parfaitement rappelé le discours:
Le grand saint Éloi
Lui dit: O mon roi,
Votre Majesté
Est mal culottée.
LA RÉFORME ÉLECTORALE.—Par un beau dimanche de janvier plusieurs centaines de gardes nationaux, précédés de quelques officiers, sont allés faire des discours à MM. Laffitte, Arago, Dupont (de l’Eure).—Quel était le quatrième, je ne me le rappelle pas.—Toujours est-il que ce n’était pas M. Odilon Barrot, qui, par cette exception, se trouve déclaré juste-milieu par ses amis.—Ce pauvre M. Barrot avait sa réponse toute prête au discours qu’on n’est pas allé lui faire!—Les autres, plus heureux, ont parlé à loisir.
ÉPIDÉMIE.—Il y a en France—une épidémie—horrible mille fois plus que la peste—le choléra—la lèpre réunis.—Tout le monde en est atteint, et qui pis est, personne n’en meurt et les avocats en vivent. Je veux parler de la manie de parler. La piqûre de la tarentule fait danser.—Un romancier a dénoncé un insecte qu’il appelle coucaratcha et qu’il fait babiller. Les coucaratchas se sont abattues sur la France comme les nuées de sauterelles sur l’Égypte.
Car chacun y babille et tout du long de l’aune.