Et après:

Après on fait d’autres discours.

Mais les affaires?

Les affaires ne sont qu’un prétexte,—le but sérieux est de parler,—et on parle:—d’abord chacun à son tour, puis tous à la fois.

Cela doit être joli.

J’en étais donc à MM. Laffitte, Arago, etc., auxquels trois cents hommes de la garde nationale sont allés faire des compliments sur leur zèle pour la réforme électorale: ces messieurs ont fait ensuite leurs discours,—et quels discours!

Une chose assez piquante, selon moi, c’est que cette loi électorale si mauvaise, si odieuse, qu’il est si urgent de réformer,—fut en son temps préparée, approuvée et présentée à la Chambre des députés par le même M. Laffitte, alors ministre et président du conseil.

Cette loi fut jugée par les membres de la gauche très-libérale,—et M. Mauguin lui-même dit alors qu’avec une pareille loi la France avait de la liberté pour cinquante ans.

De telle sorte que M. Laffitte voyant qu’on venait en armes et en tumulte pour parler de la réforme, de cette loi électorale dont il est le père, dut être d’abord assez perplexe et ne pas savoir si on venait le complimenter ou lui faire une avanie.