—Et pourquoi cela? demandai-je.
—Monsieur,—c’est que je l’ai chassé ce matin.
—Ah! diable!—Et en as-tu un autre?
—Non, monsieur, celui-là m’a trop ennuyé; j’aime mieux n’en plus avoir.
RÉSUMÉ.—On demande l’égalité,—comme on promet aux femmes de se contenter d’une tendresse platonique.
Si nous voulons arriver sur un échelon où sont ceux avec lesquels nous réclamons l’égalité, ce n’est pas pour y être à côté d’eux, mais pour les pousser et pour les rejeter à l’échelon inférieur que nous occupions.
L’égalité ne peut pas plus exister dans les positions et dans les fortunes qu’elle n’existe dans les forces du corps et dans les forces de l’esprit.
J’avertis donc mes contemporains qu’il est parfaitement bête de se faire tuer pour l’égalité, et parfaitement féroce de tuer les autres sous le même prétexte,—attendu que l’égalité n’existe pas et ne peut exister,—et que, si elle existait, vous n’en voudriez à aucun prix.
Je leur dirai encore qu’il est dangereux de donner des noms honnêtes aux passions honteuses,—ou de les leur laisser donner par des gens qui comptent les exploiter:—l’avidité et l’envie ne pourraient paraître sous leur nom véritable;—le nom d’égalité les met parfaitement à l’aise.