A propos des ouvriers et de leur misère, le Journal des Débats a trouvé un remède:—c’est qu’ils mettent à la caisse d’épargne.

Cet aperçu rappelle le mot vrai ou faux qu’on rapporte de Marie-Antoinette: «S’il n’y a pas de pain, on mangera de la brioche.»

L’autorité a du reste fréquemment des aperçus aussi heureux.

A l’époque du choléra,—le préfet de police fit afficher UN AVIS au peuple; dans cet avis il conseillait au peuple—d’éviter la mauvaise nourriture et de boire du vin de Bordeaux.

Les journaux populaires et amis du peuple ne sont pas plus heureux:—ils ne trouvent de remède à la faim que dans la réforme électorale, et un peu aussi dans l’émeute.—Ce dernier procédé est encore le plus puissant:—les pauvres diables qui s’y font tuer n’ont plus besoin de rien,—et ceux qu’on met en prison sont nourris aux frais de l’État.

On s’étonne souvent de voir les gens qui exploitent le peuple—le prendre juste aux mêmes appeaux par lesquels ses pères ont été attrapés:—c’est que l’expérience d’autrui ne sert pas du tout, et que l’expérience personnelle ne sert guère:—un aveugle qui a perdu son bâton fait une chute,—cela ne l’empêche pas d’en faire une seconde au premier trou qu’il rencontre.

D’ailleurs, qu’est-ce que l’expérience?

Le vieillard n’a pas plus d’expérience pour la vieillesse que n’en a pour la jeunesse l’homme qui entre dans la vie;—le vieillard n’a d’expérience que celle qui ne peut plus lui servir;—la plus grande sagesse à laquelle l’homme puisse arriver ne peut s’appliquer qu’à un temps qui ne lui appartient plus.

On s’occupe, du reste, d’une réorganisation des ouvriers par l’institution de prud’hommes.—C’est une mesure qu’il faut louer.