Dans un autre coin du jardin, beaucoup de gens qui, comme tout le monde, ont droit de considérer leur opinion comme partie intégrante de l’opinion publique,—appréciaient, en lisant les journaux, la mesure—qu’ils étaient censés avoir flétrie la veille.

Nous nous approchâmes d’un groupe fort serré,—à l’endroit appelé la Petite-Provence,—mais c’étaient des gens qui se chauffaient au soleil;—personne n’y parlait—de la mesure.

Sur les quais,—quelques Français vendaient des gâteaux de Nanterre, quelques autres en achetaient;—les uns fouettaient leurs chevaux, les autres regardaient couler l’eau.

De l’autre côté du pont, un monsieur lisait un livre mis sur le parapet à l’étalage d’un bouquiniste, et faisait une corne à la page où il restait de sa lecture, qu’il comptait continuer le lendemain.

Personne n’avait l’air de flétrir la mesure.—Ah!—voici bien du monde rassemblé devant l’Institut.—Nous perçons la foule avec peine;—c’étaient deux cochers qui se battaient. Nous demandâmes pourquoi c’était,—parce qu’après tout ce pouvait bien être à cause de la mesure:—l’un des cochers la flétrissant, l’autre ne la flétrissant pas;—mais ce n’était pas cela: l’un avait pris une demi-botte de foin à l’autre;—le volé fut rossé.

Nous prîmes alors la rue Guénégaud en suivant trois hommes qui en entraînaient un autre.

—Qu’a-t-il fait? demanda M...y.

—C’est à cause des mesures, répondit le passant interpellé.

M...y avait un air triomphant:

—Venez, me dit-il, il s’agit cette fois de la mesure.