Vous n’avez rien que pour deux classes d’écrivains,—et ces deux classes sont renfermées dans une seule: les journalistes.—A ceux qui vous harcèlent et vous menacent, vous jetez les gros morceaux,—puis aux pauvres diables qui se rangent tristement, et faute de mieux, sous votre bannière, vous donnez à ronger les os que laissent vos adversaires repus.
Depuis longtemps on méditait la nomination d’une vingtaine de nouveaux pairs.
On avait murmuré les noms de MM. Hugo,—Casimir Delavigne,—Horace Vernet.
Les nominations ont paru,—il n’y a rien pour les arts ni pour la littérature. Pourquoi? c’était montrer aux jeunes écrivains une voie autre que celle du journalisme,—c’était séparer la presse de la littérature,—c’était abaisser la première de toute l’estime que vous montriez pour la seconde.
Mais non: vous aimez mieux dire, par vos actes, que les écrivains n’auront rien que par la violence et par le désordre.
Vous refusez de leur donner dans la société un intérêt qui les porte à combattre pour elle;—vous voulez qu’ils défendent la place et vous les tenez hors des murailles.
On lit dans le dernier ouvrage de M. de Balzac:
«Il a demandé pour son gendre le grade d’officier de la Légion d’honneur; fais-moi le plaisir d’aller voir le mamamouchi quelconque que cette nomination regarde, et de veiller à cette petite chose.»