C’est une chose réellement curieuse que l’aspect de fourmilière que présente Paris vu du haut des tours de Notre-Dame:—tous ces petits hommes allant à leurs petites affaires ou à leurs petits plaisirs,—se pressant, se heurtant, se coudoyant presque uniquement pour s’enlever les uns aux autres de petits ronds de métal dont le plus gros ne pourrait de cette hauteur être distingué par l’œil le plus perçant.

Il y a dans la cage de charpente d’une des cloches une curiosité dont M. Victor Hugo n’a pas parlé, je crois, dans Notre-Dame de Paris,—c’est une balançoire très-suivie par les enfants du quartier.—On a vu plus d’une fois le poëte assister à cet exercice avec complaisance.—La balançoire a été récemment supprimée; on assure que M. Hugo a fait notifier à monseigneur Affre, archevêque de Paris, qui se met sur les rangs pour l’Académie, qu’il lui refuserait opiniâtrément sa voix tant qu’il n’aurait pas fait rétablir la balançoire.

M. Thiers joue en ce moment l’austérité. Il affecte de venir seul chez le duc d’Orléans en habit noir,—lorsque tout le monde y est en habit habillé.

M. Thiers laisse fréquemment percer la prétention assez saugrenue de contrefaire l’empereur Napoléon,—il refait quelques-uns de ses mots.

Il devrait bien alors l’imiter en ce point.

S’il est décidé à n’avoir pas la politesse de se faire faire un habit habillé pour aller chez le prince royal,—ou si son intégrité comme ministre ne lui a pas laissé les moyens de subvenir à cette dépense,—il pourrait se présenter en costume de membre de l’Institut, c’est l’habit que portait le général Bonaparte à son retour d’Égypte.

Voici l’annonce arrivée, je crois, au plus haut degré de l’inconvenance.—M. Gannal obtient des carrés de papier, même les plus vertueux, l’insertion de l’article nécrologique que voici:—et cela non pas à la quatrième page, à la page vénale, mais à la deuxième, c’est-à-dire à une des pages indépendantes et incorruptibles:

«Madame la comtesse de la Roche-Lambert vient de mourir en son hôtel à Paris. Sa famille a bien voulu confier le soin de son embaumement à l’habile chimiste, M. Gannal.»