—Votre chien est bien doux pour la reine.

—Oui, sire, répondit le jardinier, qui est Allemand et parle assez difficilement français; oui, il a des dispositions à la servilitude.

Le roi donna l’ordre de construire un énorme manége; l’architecte choisit pour cette construction précisément la partie du jardin où Schœne mettait sa magnifique collection d’œillets allemands et ses plantes de terre de bruyère, ses rhododendrums, ses magnalia, kalmia, azalea.

(A propos, on n’a pas encore trouvé l’azalea grimpant de M. de Balzac.)

On vint dire à Schœne,—de la part du roi,—d’arracher toutes ses plantes de terre de bruyère, de les placer ailleurs et d’en avoir le plus grand soin.

—Dites de ma part au roi, répondit Schœne indigné, que les soins que je prendrai ne me fatigueront pas; j’arracherai tout,—et je f..... tout par-dessus le mur, dans la rue.—Dites encore au roi—que je veux partir et qu’il me fasse mon compte.

Depuis ce temps on n’a jamais revu à Monceaux d’œillets ni de plantes de terre de bruyère;—c’est une singularité que bien des promeneurs ont sans doute remarquée sans en deviner la raison.

Je ne sais si on rendit bien fidèlement au roi la réponse de Schœne; mais j’ignore si le roi répliqua.

Toujours est-il qu’à quelque temps de là le roi alla voir le manége qu’il avait fait faire.