Mais tout le monde veut du sucre blanc;—mais tout le monde en veut beaucoup:—les nouveaux cornets se ferment avec frénésie, le cornet royal est vide ou peu s’en faut.
Comment faire?
J’avais remarqué déjà la négligence de l’autorité qui permet au monsieur chargé d’inscrire les noms des rues de Paris aux coins d’icelles, de retrancher certains de au bénéfice probablement des opinions politiques dudit monsieur peintre en lettres;—j’ai cité, je crois, la rue Rohan, la rue Grammont et quelques autres;—mais on m’a fait observer que cette suppression, loin d’être blâmable, provenait au contraire d’un louable sentiment d’économie de la part des administrateurs des deniers publics.—On sait, en effet, que ces inscriptions se payent à tant la lettre,—et que toutes celles qu’on peut retrancher sont un bénéfice net pour l’État.
Je m’étais expliqué de même la désignation d’avenue Gabrielle donnée à cette allée des Champs-Élysées, dédiée jadis par la duchesse de Berry à la belle Gabrielle d’Estrées,—qui, certes, n’avait rien en son temps de l’existence incorporelle des archanges.
Mais je ne peux plus appliquer la même excuse à une transposition de lettres sans bénéfice, comme celle qu’on a fait subir sur l’arc de l’Étoile au glorieux nom d’Eckmuhl,—que l’on a écrit Eckmulh,—mais heureusement à une hauteur inaccessible à l’œil nu.
Mais comment expliquer surtout qu’on ait fait présent d’une lettre à l’historique famille de Beauvau, et que l’on ait écrit place Beauveau;—passe encore si l’on avait écrit Bovo,—l’économie justifiait la hardiesse;—mais Beauveau,—cette lettre n’a rien d’agréable et coûte de l’argent.
Je soumets cette nouvelle observation comme la première, et avec le même respect, à l’autorité compétente.
Le mois d’avril, qui vient de finir, a vu mourir M. le ministre des finances Humann; M. le maréchal Moncey; M. le maréchal Clauzel; M. le général Castex; M. le général Heymès; M. Bertin de Vaux, pair de France; M. de Rigny, conseiller d’État; M. le comte de Mesnard, premier écuyer de la duchesse de Berry; M. Bouilly, doyen des auteurs dramatiques; M. l’abbé Boyer, directeur du séminaire Saint-Sulpice; M. Aguado, marquis de las Marismas, M. Boursault, membre de la Convention; M. le comte de Sesmaisons; madame la baronne Virginie de Gazan, fille de Bernardin de Saint-Pierre; madame la comtesse de Balby; madame la marquise de Boisgelin; madame la comtesse de Sallaberry; madame Wanlerberghe, mère de madame Jacqueminot et grand’mère de madame Duchâtel; M. de Lur Saluces, ancien député; M. Beaupré, ancien danseur de l’Opéra; M. Wilhem, inspecteur des écoles de chant; Antonio Espartero, frère du régent d’Espagne, etc., etc.