Je ne cite que les personnages très-connus.

En général, on ne se rend pas bien compte de la mort même ou plutôt surtout de la sienne.—J’ai vu mourir, ces jours derniers, une pauvre fille qui souffrait beaucoup et qui disait: je serai bien contente quand ça sera fini.»

Je lis en même temps,—dans le testament du roi Gústave de Suède, mort il y a cinquante ans: «Si quelque auteur veut écrire des anecdotes concernant l’histoire de mon règne, je le verrai avec plaisir

Un jour du printemps dernier, comme j’allais à Versailles déjeuner avec quelques amis, je pris place dans un waggon du chemin de fer.—Assis à côté de moi, se trouvait un vieillard d’une belle figure avec de longs cheveux blancs,—coiffé d’une toque de velours noir et vêtu d’une douillette violette,—un domestique était en face de nous et tenait sur ses genoux une petite plante que mon voisin ne quittait pas des yeux;—bientôt même, craignant quelque maladresse, il la prit et la garda entre ses mains.

—Vous avez là, lui dis-je, un rhododendron qui n’est pas encore dans le commerce.

—C’est vrai, me répondit le vieillard; est-ce que vous êtes jardinier?

—Un peu, lui dis-je.

Notre connaissance se trouva faite.—Nous regardâmes ensemble les cerisiers qui étaient encore en fleurs sur la route. Comme nous étions près d’arriver, il me dit:

—J’ai de beaux rhododendrons en fleurs,—voulez-vous les venir voir?