—Alors il s’est vendu pour l’honneur?—c’est singulier!

—Vous savez qu’il est très-bizarre.

Le surlendemain,—ce n’est plus trois mille, mais six mille francs que je reçois par an.—Ce mois-ci,—diverses circonstances retardent l’envoi du manuscrit, je suis persuadé que ma subvention, que le prix de mon infamie, est monté à un chiffre qui pourrait me tenter.

Les gens qui ont lu les différentes sottises que quelques journaux ont écrites contre moi—seraient bien désappointés si, par hasard, ils me rencontraient.

Comment reconnaître en effet un ami du château,—un familier du duc d’Orléans,—un écrivain vendu au pouvoir, dans un homme qui vit seul au bord de la mer,—qui a le visage brûlé par le soleil, les mains durcies par la bêche et par la rame,—que l’on trouverait mêlé avec les autres pêcheurs,—vêtu comme eux,—les aidant à mettre les bateaux à la mer,—ou à virer au cabestan—pour les monter sur la terre,—quand la mer est en colère.

Dans le plus dur pêcheur de crevettes de la commune.

Dans un homme qui, si on lui demandait ses papiers,—n’aurait à présenter que celui dont voici la copie exacte:

FRANCE.
POLICE DE NAVIGATION.
Nom du navire, n. 7.
L’ARSELIN. Tonnage,
Nom du patron, »95/100.
ALPHONSE KARR.
Congé valable pour un an.

LOUIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS, à tous ceux qui les présentes verront, salut.

«Vu les articles 2-4-5-11 et 22 de la loi du 27 vendémiaire an XI,—et l’article 5 de l’ordonnance du 23 juillet 1838;