Il ne s’est trouvé personne—pas même M. Pauwels, pour dire à M. Vivien: «Mais, monsieur, tout le monde sait que la loi défend de voter avec des bulletins signés; donc M. Pauwels serait allé chercher exprès, en voiture, les deux électeurs qui devaient entacher son élection d’illégalité et en faire prononcer au moins l’ajournement.»
Les quatre-vingt-six départements de la France—envoient à Paris quatre cent cinquante-neuf députés—qui ouvrent la session—en faisant un serment qui n’est pas formulé en français.
«Je jure fidélité... etc... et de me conduire en bon et loyal député.»
Il faudrait dire: «Je jure d’être fidèle,»—ou répéter «je jure»—au second membre de la phrase.
Tous les partis se sont accusés mutuellement d’avoir corrompu des électeurs pour faire nommer leurs candidats,—cela me paraît un terrible argument contre le suffrage universel et l’abaissement du cens électoral.—En effet, s’il est si facile de corrompre des gens qui sont riches, puisqu’un électeur doit payer deux cents francs de contributions directes,—qu’adviendra-t-il quand vous admettrez au scrutin des hommes pauvres et besogneux,—sinon ce que je vous ai annoncé déjà plusieurs fois,—c’est-à-dire des électeurs à trois francs,—à deux francs cinquante centimes, si on prend une certaine quantité, avec le treizième en sus?
Un député a été accusé d’avoir fait boire deux électeurs; la chose était attestée par une protestation signée de plusieurs électeurs;—c’est une jolie chose que le gouvernement représentatif, si les représentants du pays pensent eux-mêmes qu’on peut obtenir les suffrages de ses concitoyens au moyen de quelques verres de vin.—Toujours est-il que le député accusé a apporté à la Chambre un certificat de ses deux électeurs, qui affirment sur l’honneur qu’ils étaient un peu gais, mais nullement ivres au point de n’avoir pas su ce qu’ils faisaient.