M. Pauwels a été convaincu d’avoir emmené deux électeurs dans sa voiture;
Conséquemment de les avoir corrompus.
Ah ça! messieurs les députés, sérieusement, c’est donc en France une chose déjà bien avancée et bien faisandée que la masse électorale,—puisqu’elle n’attend qu’un aussi futile prétexte pour se corrompre?
Parlez-moi de l’Angleterre,—où une élection coûte pour le moins un demi-million;—à la bonne heure,—mais en France, c’est honteux:—un litre de vin ou une promenade en voiture.
Qui osera maintenant saluer un électeur,—ou sa femme, ou sa nièce, si l’électeur est chose si fragile qu’on ne puisse le rencontrer sans risquer de le corrompre!
Les divers partis qui composent la Chambre se sont reproché, avec preuves à l’appui,—une foule de manœuvres peu honorables.—Le ministère n’a pu nier que maladroitement certaines munificences qu’un hasard malheureux a placées quelques jours avant les élections.—Le parti de la République et le tiers-parti—se sont, de leur côté, fort mal défendus de leur alliance avec les légitimistes.—M. Barrot, entre autres, a remarquablement pataugé à ce sujet.
Mais,—au nom du ciel,—que prouve tout ceci?—que les hommes sont avides et rapaces.—Ne le savions-nous pas déjà?—Commencez donc par être une fois tous d’accord pour décréter—le désintéressement, le patriotisme, l’abnégation; jusque-là ce sera la plus laide et la plus sotte chose du monde que votre gouvernement représentatif.