Sur ces entrefaites j’arrivai à Paris, et j’allai, avec un de mes amis, demander une réponse à M. Dormeuil; j’eus beaucoup de peine à rencontrer cet acteur,—qui s’excusa de ne pas m’avoir répondu, et m’affirma qu’il avait cru en être dispensé parce qu’il avait fait droit à ma réclamation immédiatement en mettant sur l’affiche la note que j’avais demandée.
«Du reste, me dit-il, la pièce n’a pas eu grand succès, elle est mal écrite,—comme tout ce que fait M. Laurencin.»
Je me retirai—et ne pensai plus à la chose.
Mais voilà que j’apprends que M. Dormeuil—n’a point mis sur ses affiches ce qu’il m’a dit y avoir mis.
Pour moi je suis assez embarrassé;—que puis-je faire à M. Dormeuil pour le punir de jouer le jour des Scapins, les Lafleur, les rôles les plus honteux du répertoire comique? Rien, sinon de le siffler en plein jour et en pleine rue,—quand je le rencontrerai, comme si j’avais encore dix-huit ans.
Ce n’est pas par une semblable conduite que messieurs les comédiens plaideront avec succès contre le préjugé qui les sépare de la société, et dont ils se plaignent si amèrement.
Je me défie beaucoup des grands hommes, des héros de désintéressement et de dévouement à la patrie, dont les organes de certains partis veulent aujourd’hui nous imposer l’admiration et le joug,—quand je relis dans les journaux et les brochures; publiés il y a treize ou quatorze ans,—précisément les mêmes éloges pour des gens à l’égard desquels ils ne trouvent pas aujourd’hui assez d’injures.
Voici quelques lignes prises au hasard dans un gros livre publié sous les auspices de ce qu’on appelait alors le Comité directeur,—sous le titre de BIOGRAPHIE DES DÉPUTÉS.
Session de 1828.