M. Thiers, lui, a abandonné l’opposition et a voté avec les conservateurs en faveur de la loi de régence.
C’était une position difficile;—mais M. Thiers l’a attaquée hardiment.
Il se résignait à peu près de bonne grâce à se voir presque impossible pour le présent,—mais il comptait sur le règne suivant;—la mort du duc d’Orléans et la loi de régence, qui en est la conséquence,—venaient l’embarrasser;—pour rester dans l’opposition, il fallait voter contre la loi de la régence—et s’aliéner le futur régent.
M. Thiers a reconquis d’un seul vote et d’une seule palinodie—le présent et l’avenir.
C’est un peu honteux, mais cela s’oublie vite de ce temps-ci, et ne nuit à personne;—que je voie.
Les journaux de l’opposition,—qui renvoyaient d’ordinaire M. de Lamartine à sa lyre, à sa barque, à Elvire, quand il ’n’était pas de leur avis,—l’ont déclaré grand poëte et homme d’État distingué.
En quoi ils ont assez raison.—La position de M. de Lamartine à la Chambre est belle et grande, et elle ne peut manquer de prendre dans l’avenir une plus grande importance encore,—s’il sait la conserver intacte;—il ne reconnaît de drapeau que celui de la raison et des intérêts nobles du pays;—il n’appartient à aucun parti, mais cependant—j’ai trouvé un peu d’exagération dans ses coquetteries à M. Odilon Barrot.