La Compagnie cherche d’abord si elle ne pourrait pas vous faire guillotiner,—ou au moins vous envoyer aux galères, en établissant que vous y avez mis le feu à dessein;—si elle ne réussit pas,—comme on a sauvé quelques morceaux de cadre, dans lesquels restent une jambe ou une tête, on vous explique que vous n’avez subi qu’un sinistre partiel, et qu’il est juste de procéder à une estimation.—On vous défend alors de rentrer chez vous; on met les scellés sur votre logis;—si vous dérangez une épingle, l’assurance ne répond plus de rien,—vous rendez son expertise impossible.
On traîne en longueur,—on élève des difficultés;—beaucoup de gens se découragent, s’impatientent,—ou sont obligés de se servir des choses qu’ils ont chez eux,—et renoncent à l’assurance.
Vous êtes plus persévérant, vous ne vous rebutez ni des retards ni des ambages.
La Compagnie fait évaluer par des experts la valeur réelle des tableaux qui sont brûlés;—on a recours aux marchands qui vous les ont vendus. Et on vous indemnise sur cette estimation,—après que vous avez payé pendant dix ans une somme proportionnée à la valeur fictive à laquelle on vous avait fait porter vos tableaux; et le tour est fait.
AVANT-SCÈNE.—L’avant-scène, dans certains théâtres,—remplace les bancs qu’on mettait autrefois sur le théâtre et sur lesquels les élégants d’alors venaient prendre place, se mêlant aux acteurs par leurs gestes et par leur voix, empêchant le public de voir et d’entendre.
Les spectateurs de l’avant-scène—paraissent décidés à faire partie du spectacle;—leur mise, leurs gestes affectés, leurs poses, leur ton de voix élevé, tout l’annonce d’une manière certaine.
ADMINISTRATION.—Aucun ministre ne se mêle d’administration,—tous sont absorbés par ce qu’on appelle les questions politiques,—c’est-à-dire par le soin de rester en place.
L’administration est faite au moyen de quelques vieilles routines et de quelques vieux chefs de bureau.