Donc, comme je le disais au commencement de ces pages qui lui sont consacrées,—M. Ingres s’est longtemps contenté de son talent et de sa réputation; voilà que des amis maladroits l’ont réveillé de cette noble indifférence, et qu’ils l’ont rendu jaloux de la gloire de la pommade mélaïnocome et du journal l’Audience.
Ils ont regagné tout le temps perdu pour la réclame, et ont à la fois et brusquement entassé feuilletons sur statuettes, lithographies sur banquets.
Et ils ont déclaré que M. Ingres était coloriste.
Je ne connais, pour moi, rien de niais comme ces perpétuelles disputes sur le dessin et la couleur: la nature a donné à ses créations la richesse des tons comme la beauté de la forme;—tant pis pour les artistes s’ils sont forcés de se partager l’imitation de ses magnificences;—mais qu’ils ne nous forcent pas de nous irriter contre leur impuissance en en tirant vanité et en en faisant une prétention ridicule.
Madame D*** avait un chat magnifique;—M. de C*** s’amusa un jour à le tuer d’un coup de fusil;—faute de grives, on prend des merles;—faute de merles, des chats.
Madame D*** fait dresser dans sa maison et dans celles de ses amis toutes sortes de souricières; quand elle a réuni trois ou quatre cents souris, elle les fait renfermer dans une caisse et l’adresse à madame de C***, dans son château.—Madame de C*** ouvre la caisse elle-même, comptant y trouver quelques modes nouvelles,—les souris s’échappent et remplissent la maison;—au fond de la caisse était un billet adressé à madame de C***.
«Madame, votre mari a tué mon chat, je vous envoie mes souris.»
A M. LE VICOMTE DE CORMENIN. Vous, monsieur, qui avez tant d’esprit, et qui, cependant, n’en avez pas assez pour cacher tout le bon sens qui vous gêne,—dans votre position d’homme de parti,