Si Milord avait su lire,—cela lui aurait servi à prouver à Jadin son alibi au moment du crime, et à ne pas recevoir une certaine quantité de coups de cravache.
Ceux qui voient souvent reparaître Milord dans les Impressions de voyage d’Alexandre Dumas ne seront peut-être pas fâchés de savoir que c’est un affreux bouledogue blanc.
J’ai reçu de M. Gannal une lettre raisonnablement longue,—avec deux présents: l’un est un ouvrage de lui, accompagné de plusieurs brochures sur divers sujets;—l’autre, «une promesse formelle de m’embaumer pour rien, après ma mort.»—Je remercie M. Gannal de ses gracieusetés, je suis surtout sensible à la délicate attention qui lui a fait ainsi fixer la date de son bienfait à une époque aussi convenable.
M. Gannal me reproche mes coupables plaisanteries.
Je plaisante, le plus souvent, beaucoup moins que je ne le parais.
Si vous sautez à pieds joints sur une vessie pleine d’air,—la vessie glissera sous vos pieds, et vous fera tomber;—si, au contraire, vous la piquez tout doucement de la pointe d’une épingle, l’air qui la gonflait s’échappera—et elle restera plate et vide.
La plupart des grandes choses de ce temps-ci—sont des vessies gonflées de vent, de paroles de vanité;—j’ai choisi l’arme que m’a paru contre elles la plus efficace.
D’ailleurs,—placé par mes goûts,—par mes idées,—par mes habitudes,—en dehors de toutes les ambitions; ne désirant rien, et, par conséquent, ne redoutant rien—de ce qu’on désire et de ce qu’on redoute,—je vois les choses à peu près ce qu’elles sont, et il en est bien peu que je puisse prendre au sérieux.
Néanmoins, j’ai blâmé qu’on ne se fût pas servi pour l’embaumement du duc d’Orléans du procédé de M. Gannal,—qui paraît être, sous plusieurs rapports,—préférable à ceux connus antérieurement,—mais j’ai blâmé également la forme peu convenable des réclamations de M. Gannal.