Tout le monde avait l’air de croire et d’espérer en Dieu,—tout le monde...—excepté les prêtres.
Jamais, dans mes écrits et dans mes paroles, je ne me suis mêlé aux attaques vulgaires contre la religion du pays—et contre l’Église;—loin de là, j’ai souvent élevé la voix contre leurs ennemis;—mais jamais l’Église et la religion n’ont eu d’ennemis aussi dangereux que de semblables ministres;—jamais l’impiété ne leur a porté d’aussi terribles coups que de pareils prêtres.
Pour les besoins de l’Église, monseigneur,—je vous demande justice.
Pour les besoins de l’Église, monseigneur, je vous demande un désaveu de semblables choses et de semblables gens.
Pour les besoins de l’Église, monseigneur, que les prêtres aient l’air de croire en Dieu.
Pour les besoins de l’Église, si ce sont des comédiens, qu’ils apprennent leur rôle; qu’ils respectent leur public—et qu’ils ne laissent personne dans les coulisses.
Pour les besoins de l’Église, déguisez mieux les marchands que Jésus-Christ a chassés du temple, qui y sont rentrés et en ont fait une boutique—où ils ne vendent, il est vrai, ni bœufs, ni brebis, ni pigeons,—mais des prières qui ne partent que des lèvres.
J’aimais mieux ceux qui vendaient des bœufs et des brebis et des pigeons: ils n’étaient que marchands;—ceux-ci sont marchands—et voleurs.
Pour les besoins de l’Église,—monseigneur,—montrez que vous ne voulez pas que les prêtres agissent ainsi;—montrez que l’Église peut être un asile sûr pour la douleur,—et qu’elle n’y doit pas rencontrer l’insulte et le mépris.
Pour les besoins de l’Église,—faites, comme Jésus-Christ votre Maître, un fouet de cordelettes—et chassez ceux-ci du temple—pour qu’on n’abatte pas un jour le temple lui-même sur vous tous.