Et que l’armée l’a échappé belle!
LES MÉDAILLES DES PEINTRES.—Qu’y a-t-il de plus singulier que de voir donner clandestinement des récompenses disputées en public?
Autrefois,—le roi distribuait lui-même les médailles aux peintres après l’exposition du Louvre;—maintenant on apprend par M. de Cayeux que l’on a une médaille, et il faut aller la chercher chez lui.
Cette récompense n’a de publicité que celle que peut lui faire donner le peintre qui a des amis dans les journaux.
La clandestinité a un inconvénient,—outre celui de distribuer à huis clos la gloire qui n’existe que par la publicité,—c’est qu’on en abuse singulièrement.—Ainsi, j’ai là toutes les médailles dénoncées par les journaux,—et je n’ai pas retrouvé un seul des noms dont les ouvrages avaient attiré au Louvre l’attention et les éloges.
Cela a presque l’air d’une gageure,—à moins que les médailles ne soient aujourd’hui une consolation.
LES ORDONNANCES DE M. HUMANN.—En arrivant dernièrement à Paris, j’ai levé les yeux sur une petite fenêtre située sur un des toits qui avoisinent mon logis,—et je l’ai vue fort changée.—A mon dernier voyage, elle était riante et fraîche,—les capucines s’y mêlaient aux volubilis et lui faisaient un charmant cadre de verdure et de fleurs.
Quelquefois, au milieu de ce cadre, se montrait une jolie figure, avec des bandeaux de cheveux noirs comme deux ailes de corbeau, qui travaillait là tout le jour sans lever les yeux une seule fois, si ce n’est sur ses fleurs,—ou sur quelque flatteur de papillon qui, arrivé au milieu de Paris, je ne sais comment,—traitait la fenêtre en véritable jardin,—et faisait semblant de humer, en déroulant sa trompe, un miel que n’ont pas ces pauvres fleurs, sans air, sans terre et sans soleil.