La chose redevient douteuse.

«Vous avez sous les yeux les dépositions des témoins; ils ne sont pas d’accord sur le nombre des bulletins avec des désignations. M. Bertrand de Rémollon a dit que tous les bulletins pour M. Allier, ou presque tous, soixante-dix-sept sur soixante-dix-huit, portaient des désignations. M. Janneau-Lagrave a dit qu’il y en avait un quart ou un tiers du côté de M. Allier. M. Achille Fourrat: les trois quarts des bulletins à peu près, dont cinquante environ du côté de M. Allier, et peut-être quarante-cinq pour M. Ardoin. M. Cézanne un tiers, et pour les deux candidats. M. Didier: des deux côtés à peu près en nombre égal.»

M. Ardoin a des chances pour être honorable; mais il n’en a guère de plus que M. Allier.—Voyons encore:

«Le sieur Bonaffoux père a eu à déplorer des propos inconvenants et des coups de son fils; le fils était dans un état d’ivresse complet, et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que les témoins qui ont reproduit les griefs de Bonaffoux ont déclaré, les uns, qu’il leur avait dit que son fils l’avait menacé pour arracher son vote en faveur de M. Ardoin; les autres, en faveur de M. Allier, d’où résulte une grande incertitude sur les faits en eux-mêmes, et par conséquent sur la valeur des témoignages et sur l’intention des plaintes.»

Bonaffoux a battu son père;—mais pour qui et pourquoi a-t-il battu son père?—en général, quand on bat son père, c’est pour quelqu’un ou pour quelque chose.

«Cet arrêt déclare simulés les actes en vertu desquels ces sept électeurs auraient acquis, en mars et avril 1841, de M. Ardoin, candidat, l’usufruit, pendant neuf années, de pièces de terre situées à Saint-Ouen et à Clichy, et reconnaît fausses et contradictoires les explications données par eux.»

Oh! diable, ceci est laid;—c’est, je crois, maintenant,—M. Allier qui est le plus honorable de ces deux messieurs.