Le mot de M. Arzac—violence morale—a eu du succès.—En voici une imitation que je trouve dans un journal de la même ville de Toulouse:—«Le sieur Raynal, cordonnier, a été arrêté;—il a subi des violences morales ayant pour but d’obtenir l’adresse d’un de ses ouvriers. Sur son refus, on a menacé de l’emprisonner, et sa fermeté n’a pas résisté à cette dernière épreuve. Il n’y a pas de termes assez forts pour qualifier, etc., etc., etc.»
Je voudrais savoir en quoi consistent les violences morales. Une menace d’emprisonnement n’est pas violence;—c’est cependant bien plus terrible que les violences morales dont on se plaint avec tant d’éloquence, puisque la fermeté du cordonnier Raynal,—qui avait résisté aux violences morales, n’a pu résister à cette dernière épreuve:—la menace d’être mis en prison.
LES BANQUETS.—Nos pères dînaient ensemble pour chanter, rire, boire, manger, causer avec abandon et avec esprit.
Aujourd’hui—un dîner est une action politique; on dîne contre ou pour le gouvernement, contre ou pour un principe.
C’est une chose bien ridicule que ces banquets.—Peu importe—contre ou pour quel principe ou quel gouvernement on mange et on boit.
Un poëte latin a dit de ces festins où l’on se querelle,—de ces festins constitutionnels qu’il semblait prévoir:
Natis in usum lætitiæ scyphis
Pugnare Thracum est.
Comment n’est-on pas honteux d’avouer,—que dis-je? de publier dans les journaux,—que c’est l’estomac chargé de viandes,—la tête appesantie par le vin, que l’on discute d’une langue épaisse les intérêts les plus sérieux du pays!