On parle de modifications dans l’uniforme de l’infanterie;—les fournisseurs ne sont pas les seuls à remarquer que c’est toujours sous le ministère de M. Soult—que le besoin de ces modifications, de ces changements onéreux, se fait généralement sentir.
C’est le moment des banquets:—le parti légitimiste est celui qui boit le moins;—le parti de l’opposition libérale et républicaine a des festins plus nombreux;—le parti ministériel, des festins plus somptueux.—Les uns et les autres sont également ridicules.
Chaque fois qu’il se trouve que dans un repas on mange du lapin,—il se rencontre toujours quelqu’un pour faire la vieille plaisanterie usée, qui consiste à manifester des doutes sur l’authenticité de l’animal,—à laisser soupçonner que c’est peut-être un chat,—à demander à voir la tête, etc., etc. Cette facétie est tellement obligée,—qu’elle semble faire partie de la sauce du lapin.—J’ai vu les gens les plus respectables se dévouer et la faire en rougissant,—parce qu’il faut qu’elle soit faite et que personne ne la faisait.
Il en est de même d’un toast sans objet aujourd’hui comme sans résultat possible:—il ne se fait pas un banquet sans que quelqu’un se lève et boive à la délivrance de la Pologne.
EN FAVEUR DE Me LEDRU-ROLLIN.—Le roi Louis-Philippe a commencé un discours par ces mots: «J’ai toujours aimé les avocats.»—Grand bien lui fasse!—Me Ledru-Rollin,—avocat aux conseils du roi et à la cour de cassation,—voulait être député;—il s’est présenté, il y a deux ou trois ans, dans un collége,—où il a fait une profession de foi—dans le sens de l’opposition dynastique,—c’est-à-dire assez pâle et assez modérée.—Il n’a pas été élu.
Cette fois,—il s’agissait de remplacer Garnier-Pagès:—il a formulé un discours furibond,—dont son prédécesseur, homme d’esprit et de goût,—n’aurait pas consenti,—au prix de sa vie,—à prononcer une seule phrase.
C’était un ramassis des lieux communs qui traînent dans tous les journaux;—la chose a eu grand succès.
On fait en ce moment un procès à Me Ledru,—on fait une sottise.—Le gouvernement de Juillet serait sauvé s’il pouvait amener tous ses adversaires à des professions de foi aussi claires et aussi précises.