—Il y a quatre heures que je vous pleure.

L’oncle laissa échapper un éclat de rire.

—Je vais à Bayeux marier ta cousine.

—Quelle cousine?

—La fille de la sœur de ta mère, de ma seconde sœur; elle est chez moi depuis un an.

—De ma tante Marthe?

—Précisément; elle ne connaît pas son prétendu; mais j’ai arrangé cela par lettre: elle sera très-heureuse.

Le postillon avait fini; l’oncle monta dans la chaise et dit:

—Baise la main de ta cousine, que tu ne reverras peut-être jamais; car son mari reste dans ses terres, qu’il fait valoir.

Arthur baisa une petite main qui sortit de la chaise sur l’invitation de l’oncle, puis leva les yeux et reconnut le doux visage de l’inconnue au cachemire bleu. Le châle bleu l’enveloppait encore; la chaise partit, et Arthur resta sans rien voir ni rien entendre, jusqu’à ce qu’elle fût perdue dans la brume qui descend vers la fin du jour.