—Il est sorti.

Roger sentit un frisson mortel.

—Allons, pensa-t-il, ils ne sont pas revenus. Et madame?

—Madame est chez elle.

—Annoncez-moi.

—Donnez-vous la peine d’entrer.

Et l’on introduisit Roger dans la pièce dont il n’avait vu du dehors que les rideaux bleus. Il croyait entrer dans le ciel; un parfum était répandu dans la chambre, parfum vague que l’on ne pourrait désigner par aucun nom, parfum qui semble s’exhaler d’une belle bouche. C’était, comme il l’avait soupçonné, une chambre à coucher.

—Monsieur veut-il attendre un instant?

Et on le laissa seul.

Il s’approcha d’une glace et répara quelque désordre survenu à sa cravate et à ses cheveux. Puis il examina avec avidité tous les détails de cette chambre si sacrée pour lui. Les rideaux du lit étaient bleus comme ceux des fenêtres. Une écharpe avait été oubliée sur un meuble; il s’en saisit et la porta à ses lèvres. Mais on ne pourrait peindre avec quel ravissement il reconnut dans un vase du Japon le bouquet qu’il avait envoyé la veille. On l’avait parfaitement soigné; il baignait dans une eau pure et qui avait évidemment été renouvelée le matin. Il en prit une fleur et la cacha.