—Oui, repris-je, c'est une ruche. Connaissez-vous les abeilles? C'est une étude pleine d'intérêt.
—Certes, je les connais, répliqua-t-il.
Mores et studia et populos et prœlia dicam.
«Je peux dire et ce peuple et ses mœurs, et ses travaux et ses combats.»
—Vrai? Eh bien! je ne suis pas aussi avancé que vous; il y a encore sur ce sujet bien des choses que je cherche à savoir, sans trop espérer d'y parvenir.
—N'avez-vous pas lu Virgile?
—Si fait, mon jeune ami; mais il y a longtemps.
—Eh bien! c'est dans Virgile que j'ai appris à connaître les abeilles; et dans ce moment, précisément nous traduisons le quatrième livre des Géorgiques.
—Faites-moi part de ce que vous savez, je vous prie; peut-être cela servira à éclaircir quelque point resté douteux pour moi.
—Volontiers, Monsieur. «Les abeilles sont gouvernées par un roi. Plusieurs prétendants se disputent d'ordinaire leurs suffrages; mais l'un, qui est le véritable roi, est facile à reconnaître à des signes certains. L'un est beau et majestueux[A], couvert d'une cuirasse d'or; l'autre, qui n'est qu'un usurpateur et un tyran[B], est horrible à voir. Il est lâche et paresseux et a un gros ventre; en un mot, il mérite la mort. Il est tué par les partisans du vrai roi.