—Je suis bien impatient de voir les tableaux d'un homme qui a de pareilles idées. Ne vous en rappelez-vous pas quelques-uns?
—Si fait bien. Je me rappellerais facilement, du moins pour une grande partie, ce que mes tableaux représentent.
—Ah! ah!
—Certainement.
—Eh bien!...
—Eh bien, j'en ai un, au-dessus d'ici, c'est une vaste plaine, fermée de tous côtés par des arbres. Sur l'herbe verte, tachetée d'ombre et de lumière par le soleil qui se couche derrière les arbres, sont couchés des moutons. Cela a un charme de calme et de repos qui fait le plus grand plaisir.
—Je suis sûr que c'est de Van der Doës. Eh bien, cela n'a pas une grande valeur.
—Ce que je sais, c'est que c'est charmant, et je ne crois pas que ce soit de Van der Doës.
—Vous m'étonnez.
—Un autre est un chemin creux, ce qu'on appelle en Normandie une cavée. On marche plus bas que la racine des arbres qui se touchent par la cime et étendent sur le mur de terre qui forme les deux côtés du chemin, leurs grosses et longues racines semblables à des serpents noueux.