—Je serai bien étonné si ce n'est pas une copie, et ma raison, une raison que je crois bonne et sans réplique, c'est que je possède l'original, qui est de J. Ruysdaël.

—Je vous assure que ce n'est pas une copie.

—Nous verrons bien.

—Je crois qu'en effet le seul aspect du tableau vous fera changer d'idée. A côté on voit l'entrée d'un village; au milieu des arbres à cime arrondie, s'élance le clocher de l'église; le soleil qui lance ses rayons obliques remplit le feuillage des arbres d'étincelles; un paysan ramène une charrette.

—Si c'est, comme je le pense, de J. Ostade, c'est un tableau de prix.

—Je ne crois pas qu'aucun Ostade ait jamais fait quelque chose qui approche de cela.

—Mon bon ami, vous ne connaissez pas les Ostade.

—Je regardais hier un autre tableau qui m'a bien ravi: un enfant assis sur une fenêtre, faisait des bulles de savon. L'enfant était sérieux et attentif; la bulle, captive encore, grossissait en se balançant à un souffle d'air imperceptible. Les plus éclatantes couleurs se succédaient sur sa frêle glace.

—Oh! celui-ci est bien connu; je l'ai vu chez un amateur auquel vous l'aurez acheté; il est de J. Miéris.

—Je ne l'ai pas acheté.