—Oui, on vous l'a donné, ou... vous l'avez trouvé. Comme je vous le disais, amateur de la seconde classe. Vous prétendez avoir eu pour rien un tableau qui vaut plus de 6,000 fr.

—Le fond d'un autre se compose de grands châtaigniers à large feuillage d'un vert doré, qui l'est encore plus par les rayons du soleil couchant; une petite maison, couverte de vignes, est également colorée par les derniers rayons chauds de l'astre du jour; plus près, sur le devant, un olivier de Bohème et un sureau beaucoup plus bas, de sorte que les rayons obliques du soleil passant par-dessus et dans l'ombre, laissent le feuillage blanchâtre du premier et la touffe d'un vert sombre de l'autre. Devant le sureau s'élève un rosier à fleurs pourpres; ses fleurs basses sont dans l'ombre; une seule, qui dépasse le sureau, est traversée par le rayon du soleil, et semble un magnifique rubis.

—Il n'y a pas de personnages?

—Non.

—Alors je ne sais de qui c'est.

—Je suis sûr que vous reconnaîtrez le maître en voyant le tableau.

—C'est possible, c'est même probable; mais toujours est-il que ma mémoire ne me rappelle rien qui ressemble à cela.

—J'en voyais encore un ce matin qui m'a fort intéressé.

—Qu'est-ce que c'était?

—C'était une fort belle femme qui tenait un œillet à la main.