L'homme est chargé par la nature de récolter les graines et de les semer en terrain convenable, de labourer la terre au pied des arbres pour qu'ils reçoivent les douces et salutaires influences du soleil et de la pluie.
Le pauvre a, dans toute ville un peu habitée, une bibliothèque publique, et conséquemment à lui, de quinze à vingt mille volumes: qu'il devienne riche, il achètera une bibliothèque et des livres à lui seul; par exemple il n'en aura que quatre ou cinq cents; mais que de joie et d'orgueil il en ressentira!
Vous êtes pauvre, la mer est à vous avec ses bruits solennels, les grandes voix de ses vents, l'aspect de ses imposantes colères et de ses calmes plus imposants encore; elle est à vous, mais elle est aussi aux autres; plus tard, quand à force de travail, d'ennuis, peut-être de bassesse, vous serez devenu plus ou moins riche, vous ferez construire un petit bassin de marbre dans votre jardin, ou du moins vous vous empresserez d'acheter et d'avoir chez vous un bocal avec deux poissons rouges.
Il y a des moments où je me demande si par hasard notre esprit ne serait pas ainsi tourné que nous appelions pauvreté ce qui est splendeur et richesse, et opulence ce qui est misère et dénûment.
Vale.
LETTRE VIII.
On ne sait pas bien quels sont les oignons qui ont été dieux chez les Égyptiens. Les lis; les jacynthes, les tulipes semblent avoir plus de droits à ces honneurs que l'ail et l'oignon de nos cuisines. Les Latins cependant pensaient que c'était à ceux-ci qu'appartenait ce rang élevé.