Malheur! malheur! malheur!
La mort glace mon cœur.
Un tel charme inutile!
Sois à jamais stérile,
O terre de douleur!
Malheur! malheur! malheur!
PREMIÈRE FÉE, écoutant à droite.
Silence et mystère!
Silence et mystère!
On vient! oui, j’entends
D’un pied solitaire
Effleurant la terre
Les pas hésitants.
DEUXIÈME FÉE, écoutant à gauche.
Loin, bien plus loin sous la ramée,
J’entends, j’entends aussi des pas.
O mes sœurs, ne sentez-vous pas
Monter de la terre alarmée,
Monter une odeur de trépas?
TROISIÈME FÉE, regardant du haut du chêne.
Moi, du haut de mon chêne,
Dans la plage lointaine,
Je suis un voyageur:
Sur son jeune front pâle
Je vois l’ombre fatale
De la main du Seigneur.
DEUXIÈME FÉE.
Tous trois viennent!—Là-bas la cloche se balance,
Troublant du vieux château la profonde torpeur,
Et, fantôme hagard, fuyant dans le silence,
Sur mon sein haletant vole l’horrible peur.
TROISIÈME FÉE, debout sous le chêne.