Le brillant scarabée, en sa robe superbe,
Appelle aussi;
Une voix lui répond, sur le bout d’un brin d’herbe:
Viens, me voici!

Furtif, sur le gazon, à travers le feuillage
Le soleil luit,
Glisse de branche en branche, anime le bocage
Qui lui bruït.

Dans la tranquillité, vers une fleur agreste
On voit encor
Le soyeux papillon qui, gracieux et leste,
Prend son essor.

Et le sol, caressant la tête qui s’incline
Sur son rameau,
Entend balbutier à la fleur enfantine:
«Vous êtes beau!»

Voyez l’abeille, dans l’aubépine embaumée,
Qui s’enfouit;
Du fond d’un pur calice elle sort parfumée,
Bourdonne et fuit.

Écoutez, écoutez, du fond du taillis sombre,
Où seul j’accours
Ces chants mystérieux qui s’échappent de l’ombre:
Amours! Amours!

Oui, là, vous oublîerez de ce faste inutile
L’éclat pesant,
Les cris de la terreur, les pavés de la ville
Rouges de sang!

Pour moi, j’aime rêver à la douce innocence,
Au bois profond,
Où l’esprit qui se plaît dans un muet silence,
Devient fécond.

Hommes contemplatifs, la nature est un livre
A vous offert;
Cherchez dans ses feuillets la fleur qui vous enivre:
Il est ouvert!

Lorsque Savinien revint à Paris, son père, guéri, pouvait subvenir aux besoins de sa famille. Le jeune homme quitta alors le toit paternel pour aller habiter un de ces combles mansardés où une vingtaine d’ouvriers travaillent en commun. Très habile déjà, Savinien se perfectionna tellement dans son état qu’il parvint à faire, en un seul jour, sept paires d’escarpins, et, une autre fois, quatorze paires de chaussons. Ce sont deux véritables tours de force que très peu d’ouvriers, même parmi les meilleurs, seraient capables d’exécuter.