SUR LE COTEAU DE SAINT-GERMAIN-DU-VAL,

Pendant la nuit.

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Je vois, je vois d’ici ma cité bien aimée
Sommeiller, vaporeuse, au bord de l’horizon,
Comme un léger esquif que la brise embaumée
Endort sur l’Océan profond.

A voir ses toits de marbre et ses maisons d’ivoire,
Sa ceinture de monts, ses ombrages en fleur,
Quels flots de souvenirs inondent ma mémoire!
O mon enfance! ô paix du cœur...

Puis je vois, se dressant dans l’épaisseur des ombres,
—Des secrets de la nuit témoins silencieux,—
Ces tours[S] aux fronts hautains qui, des nuages sombres,
Déchirent les flancs orageux.

Aux superbes sommets de ce noble édifice,
Orgueil de mon pays, œuvre d’un roi chéri,
Ne voit-on pas planer une ombre protectrice?
L’ombre du magnanime Henri?

Et là-bas ce beau Loir dont la blanche surface
S’illumine aux clartés de la lampe des cieux;
Semblable au sentier d’or que parcourt, dans l’espace,
Un archange aux pieds lumineux.

La Flèche, ô mon doux nid! ô ma belle patrie!
Asile où je vécus du fruit de mon labeur;
Toi qui compris mes chants, qui protégeas ma vie;
Quel amour t’a voué mon cœur!

Oh! moi, je donnerais pour ta grâce pudique,
Pour ton ciel nuageux, pour tes monts verdoyants,
Et la vieille Italie, et la jeune Amérique,
Et l’Asie aux cieux flamboyants!

Que me font les splendeurs des cités orgueilleuses!
Athène et ses débris............
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Paris, ce vaniteux qui veut briller et plaire,
A mes yeux un instant sembla royal et beau;
Mais bientôt j’aperçus la fraude et la misère
Sous la pourpre de son manteau.