Il ne m’a pas été possible de me procurer cet ouvrage.

De Bleigny, maître écriuain iuré de Paris. L’Ortografe francoise ou l’unique metode contenant les regles qu’il est necessaire de sauoir pour écrire correctement. Paris, Gilles André, 1667, in-12, de 6 ff. et 155 pp.

Bleigny n’arbore le drapeau de la réforme orthographique que dans son titre. Son petit livre est une grammaire pour les enfants, sans aucune velléité de critique ni d’amélioration de la mauvaise écriture de son temps.

* Jacques de Gevry, seigneur de Launay. Les Principes du déchifrement de la langue françoise, ou l’art de déchifrer toutes sortes de lettres en cette langue, en quelques figures et caracteres qu’on les puisse composer. Dedié à monseigneur messire Pierre de Cambout de Coeslin, evesque d’Orléans. Paris, Denis Pellé, 1667, in-8.

Je ne suis pas certain que cet ouvrage ait directement trait à la réforme.

Louis de l’Esclache. Les véritables Règles de l’ortografe francéze, ou l’Art d’aprandre en peu de tams à écrire côrectemant. Paris, l’auteur, 1668, in-12.

Le travail de l’Esclache a fait beaucoup de bruit au moment de sa publication. J’en connais trois ou quatre réfutations sorties des presses parisiennes en l’espace de peu d’années. De son temps on ne s’aperçut pas qu’il s’était inspiré en grande partie des réformes proposées un siècle auparavant par Meigret, Pelletier et Ramus. Bien qu’il n’ait introduit aucune lettre ni aucun signe nouveau dans l’écriture, il a prêté le flanc à la critique par la profusion d’accents dont il a surchargé ses lignes. Voici un échantillon de ses idées et de son orthographe:

«Les opinions des hommes sont trés-diferantes, touchant l’ortôgrafe francéze. Les uns pansent qu’éle doit étre conforme à la parole; et les autres âsûrent qu’éle doit marquer l’origine des mos que nous emploïons pour exprimer nos pansées. Ceus qui ne savent pas la langue latine et qui ont de l’esprit dizent que nous devons écrire comme nous parlons; mais quelques savans soûtiénent que céte metôde, nous faizant perdre l’origine des paroles, nous ampécherét d’an conétre la propre significacion.

«Il samble que les premiers, qui n’ont pas âsés de force pour bien établir leur opinion, n’aient pas âsés d’autorité pour nous oblijer à la suivre. Comme les autres ne peuvent soûfrir que l’on face injure à la langue latine, ni à la grèque, ils s’atachent à leurs santimans avec beaucoup d’opiniâtreté. Je ne veus pas condamner ces deus langues, puîqu’éles ont leur beauté, aûsi bien que leur üzaje, mais je puis dire (sans m’élogner de la vérité) que ceus qui ont un atachemant particulier pour éles ne sont pas ordinairemant les plus éclairés dans la langue francéze. Ils sont semblables à ceus qui parlent continuélement de ce qui regarde les autres sans panser à leurs propres âfaires et il ârive souvant que dans le chois des chozes qui sont utiles pour le bien public, le jujement de ceus qui ont beaucoup de lumière sans étude doit étre préféré à l’opinion de ceus qui ont une bibliotéque antière dans leur tête.»

Louis de l’Esclache écrit: peis, sajese, ajant, dilijant, relijion, vanjance, nonse, prononse, consevoir, acses, acsant, filozofie, fizique, axion, dixion, choze, uzaje, nacion, cieus, dieus, deus, dis (dix), moien, voiant, calité, etc.