Convenons-en, on ne saurait, dans la thèse de l’auteur, plus simplement ni mieux dire. La prononciation, telle qu’il est parvenu à nous la figurer en n’introduisant qu’un seul signe nouveau (l’e médiocre, qu’il figure, comme je l’ai dit, par l’accent droit), est presque la nôtre, et nous donne occasion de constater sa fixité depuis le grand siècle. Il supprime la lettre k, comme étrangère au français, le ç cédille comme inutile en présence de l’s ramenée à une seule valeur, celle qu’elle a dans salon, silence.
Il fait en passant quelques remarques sur l’orthographe des mots où figure le χ grec. Achaïe, saint Roch, Zacharie, chronique, archange. Il propose de les écrire Acaïe, saint Roc, Zacarie, cronique, arcange.
A propos de la lettre q (ou plutôt des deux lettres qu, puisqu’on représente par ce signe binaire le son du c dur ou du k), il s’exprime ainsi: «Ecrivez par la même rêzon: quécun aussi bien qu’aucun. Pourêt-on bien doner rézon pourcoi l’on doit ècrire aucun, chacun par un c et quelquun par un qu? Je voudrês avoir cette obligation à QUELQUUN.»
Pour lui, l’œ, déjà supprimé dans œconomie, est une lettre parasite: il écrit eil (prononcé aujourd’hui euil), euvre, beuf, seur, et en effet, dans le français, le son et le signe eu représentent régulièrement l’o des mots latins, exemple: dolor, douleur, flos, fleur; la vicieuse prononciation du c rend quelquefois l’emploi de l’œ nécessaire, comme dans cœur, qui ne peut être écrit ceur, à moins, comme dans cueillir, de faire précéder eu d’un u.
Il critique l’emploi de l’x dans les mots deuxième, sixain, dixième. Il y met le z, d’accord en cela avec la prononciation.
Il chasse du dictionnaire cette «diftongue» ao, qui n’est pas «francêze», et au lieu de paon, Laon, faon, taon, il écrit pan, Lan, fan[166], tan.
[166] Ronsard l’écrit ainsi:
..... ravit le fan d’une biche legère.
(Édit. de 1623, t. I, col. 2.)
Dans le glossaire ms. de la Bibl. imp. no 7684, taon est écrit taan; peut-être devrait-on écrire tân et fân, de sorte qu’il n’y aurait d’exception que pour le mot Laon qu’on écrirait Lâon.