«J’ai remarqué dans mes autres discours que cète voyèle (eu) a quelquefois un son ouvert, comme dans bonheur, dans peur; alors on poûra se servir de l’accent grave sur l’e, en cète sorte bonhèur.

«E fèminin, come dans porte, e; è ouvert come dans après, è; é fermé come dans bonté, é; ces trois e sont distingués l’un de l’autre en ce que le e féminin n’a point d’accent, è ouvert a un accent grave, et é fermé a un accent aigu.

«I come dans lire, i.

«Pour les voyèles nazales, ou esclavones, on les distinguera des voyèles simples dont èles aprochent le plus, ou par une petite ligne au dessus come on en voit en quelques anciens livres, ou par une petite ligne qui les tranchera a la manière de l’alfabet polonois, de la manière suivante: an come dans le mot danser, ã; en come dans bien, ̃e; in come dans ingrat, ̃i: on come dans bonté, õ; un come dans comun, ̃u.

«Pour prononcer chacun des sons des simples consones, il n’y a qu’a joindre la prononciation d’un e féminin a la consone ou aus consones que j’ai marquées en lètres capitales. Ainsi le nom du prèmier son consone qui est marqué ici se trouvera come la dernière silabe de tombe, et celui du second son se prononcera come la seconde silabe de trompe, et ainsi du reste: be come dans tomber, b; pe come dans tromper, p; ve come dans venir, v; fe come dans finir, f; me come dans mourir, m; de come dans dire, d; te come dans tirer, t; gue ou g dur come dans galant, g; ke come dans capable, k; ne come dans nier, n; ze come dans zèle, z; se come dans salut, s; je come dans jalous, j.

«Che come dans chariot, c; le c ne s’amployant plus, selon ce projet-ci, ni pour faire le son ke, comme il fait a prèsant devant un a, un o, un u dans cavalier, dans colère, dans curieus; ni pour faire le son se, come il fait aujourd’hui devant un e, ou devant un i, dans cèrèmonie, dans cièl, ne servira plus que pour le son du che que nous lui donons ici. Le son de ke et le son de se ont dans la table prècèdante chacun son caractère propre, et le caractère c ne servira plus qu’a marquer la lètre siflante que nous exprimons prèsantemant par ch, come dans chariot, cherté.

«Le come dans lire, l; re come dans rire, r; lle ou l mouillée come dans vaillant, dans fille; gne ou n mouillée come dans vigne, dans soigneus; je marque ces deus consones mouillées par de petites lignes qui les traversent.

«Si l’on ne veut pas se servir de ces deus lètres qui sont traversées par de petites lignes, on poûra se servir pour l’l mouillée de deus ll acolées; et quand on ècrira des mots ou l’on prononce deus l, come Pallas, on aura soin de sèparer les deus l et de ne les pas acoler.

«Pour exprimer le son de l’n mouillée, on poûra se servir de l’ñ avec un trait dessus, comme s’en servent les Espagnols qui la noment n con tilde: que s’il se trouvoit quelques mots ou l’on prononsât sèparèment le g et l’n, come on les prononce en latin, on se serviroit du g et de l’n.

«He aspiration come dans hazard, h.