«L’Acadèmie èle-même, si atachée aus anciens usages, n’a t èle pas amployé ces chevrons en quelques ocasions? N’a t èle pas admis les accens sur les e qui ne sont pas fèminins? Les plus atachés à la conservation des lètres caractèristiques ne les ont ils pas retranchées de plusieurs mots? Pandant ce siècle et pandant la fin du siècle prècèdant, combien a t on imprimé de livres ou l’on suit en partie notre ortografe rèformée?
«Il faut que ceus qui conviènent qu’une antière rèformation, selon mon projet, seroit utile, la suivent dans les choses les plus faciles. On parviendra peu a peu a la faire recevoir par le grand nombre, et alors nous aurons pour nous l’usage qu’on nous objecte si souvant. Si nous avons raison, espèrons tout du bon esprit de gens qui ne sont pas prévenus; faisons de notre côté ce que nous poûrons, et laissons faire au tams; il fera le reste.»
On voit par ce qui précède que Dangeau est un néographe très-prononcé et qu’il a tracé la voie à Wailly, Beauzée, etc. J’aurai occasion de discuter son système à propos de ces derniers.
* Alphabet ingénieux pour le françois. Bourdeaux, 1694, in-12.
Je n’ai pu encore prendre connaissance de cet opuscule, cité par Goujet.
* André Renaud, prêtre, docteur en théologie. Traité de l’Ortographe et de la prononciation françoise. (A la suite de sa Maniere de parler la langue françoise selon ses différens styles. Lyon, 1694, in-12.)
Je n’ai pu savoir si cet ouvrage intéresse l’histoire de la réforme.
César-Pierre Richelet. Dictionnaire françois contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise, etc. Genève, Jean Herman Wiederhold, 1680, 2 vol. in-4. (Réimprimé plusieurs fois.)—La connoissance des genres françois tirée de l’usage et des meilleurs auteurs de la langue. S. l. ni date (achevé d’imprimer le 10 mai 1695), in-12.
Richelet est un des réformateurs les plus prudents et les plus logiques. Il s’est beaucoup plus occupé d’étymologies que la plupart des auteurs contemporains. Il fut un des premiers à développer la réforme proposée par Le Clerc et les Précieuses. (Voir plus haut, p. [111], l’examen de son Dictionnaire.)
Projet d’un Esei de granmére francéze de laqele on ôte toutes lés letres inutiles, é où l’on ficse la prononsiasion de celes qi sont néceséres: par le moyen de qoi l’on aprendra le francéz pluz facilement, é an moins de tans qe par l’ortografe ordinére.—Remarques sur ce projet, en forme de lettre.—Réponse de l’Auteur du projet à cette lettre. (Le projet parut d’abord à Genève en 1704, et ensuite avec les deux pièces suivantes dans le Mercure de Trévoux, Novembre et Décembre 1708, p. 165.)