On voit que, dès l’année qui suivait la publication de la seconde édition du Dictionnaire de l’Académie, on introduisait dans les imprimeries l’usage qui a prévalu en grande partie vingt-un ans plus tard dans la troisième.

* Méthode du sieur Pierre Py-Poulain de Launay, ou l’Art d’apprendre à lire le François et le Latin, et l’Ortographe, par un nouveau systême si aisé qu’on y fait plus de progrès en trois mois qu’en trois ans par la maniere ordinaire. Paris, 1719, in-12.—Pierre Py-Poulain de Launay, fils du précédent. Le même ouvrage corrigé, perfectionné, et augmenté considerablement: avec des réflexions sur le systême du bureau Typographique, et un nouveau systême d’ortographe. Paris, 1741, in-12.

Je n’ai pu encore voir ce petit ouvrage. Goujet en parle ainsi:

«Ceux qui en ont profité sont loüables. Il est certain qu’en réformant quelques idées de cet auteur et en en perfectionnant quelques autres, son ouvrage ne pourroit être que très-utile aux commençans, pour la prononciation surtout et pour l’ortographe. Quand il présenta sa méthode en 1713 à M. l’abbé Bignon, ce savant, après l’avoir examinée, y trouva de fort grands avantages et applaudit au zéle et aux vûës de l’auteur..... L’abbé d’Orsanne, chanoine de l’église de Paris et directeur des petites écoles de cette ville, lui donna aussi son suffrage, et l’expérience a montré depuis que l’on pouvoit s’en servir avec beaucoup d’utilité.

«Je ne sçai, au reste, sur quoi le sieur Py-Poulain s’est fondé, lorsqu’il a dit que le célèbre Jean du Vergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, avoit eu sur ce sujet les mêmes idées que lui, et lorsqu’il fait entendre que ce ne sont proprement que les idées de cet abbé qu’il développe. Je ne connois aucun ouvrage de M. de Saint-Cyran sur la grammaire. Je sçai seulement qu’il avoit toujours eu d’excellentes vûës pour l’éducation de la jeunesse et qu’il les communiqua à ceux qui se chargerent de son tems de la conduite des écoles qui ont été connuës sous le nom d’écoles de Port-Royal.»

L. Pierre de Longue. Principes de l’ortographe françoise, ou réflexions utiles à toutes les personnes qui aiment à écrire correctement. Paris, 1725, in-12.

Dans ce traité, très-estimable, où sont discutés les principes de l’orthographe française, l’auteur donne l’exemple des améliorations qu’on y peut apporter. La manière dont son texte est écrit peut en faire juger dès le début.

«Les homes ne peuvent se contenter dans leurs recherches. Ils voudroient trouver la perfection dans tous les arts, la vérité dans toutes les siences, le souverain bien partout, dans les vertus, les vices même; cette agitation continuelle de l’ame ne prouve-t-elle pas l’immortalité?

«L’ortographe est donc l’art d’écrire correctement et conformément aux lois que l’usage établit. Suivant cette définition générale, cette sience s’étendroit plus loin qu’on ne le croit. Elle comprendroit la LOGIQUE, la RÉTORIQUE, toutes les connoissances qui contribuënt à nous faire bien parler, et conséquemment à nous faire bien écrire.»

Il écrit silabe, persone, tiran, rebeles, raisonement, stile, pouroient, Egiptien, hieroglifes, atentifs, amphase, voyèle, ocasion, atention[179], soufert, dificulté, batu, consone, bibliotèque, acoutumer, suputer, chifre, honète, etc.