«3o Négligence à donner quelques marques aux lettres quand on les employait à quelque autre fonction qu’à leur fonction ordinaire;
«4o Négligence à marquer dans chaque mot les lettres qui ne s’y prononcent plus;
«5o Négligence à marquer les voyelles longues.»
Malheureusement, l’abbé de Saint-Pierre, n’ayant pas réfléchi aux nécessités de l’écriture courante et de la typographie, a eu recours pour fixer la valeur des lettres, et comme moyen transitoire, à un système de petits traits placés au-dessus ou au-dessous de la ligne et dont la complication devait rendre sa réforme impraticable.
Maurice Jacquier. Méthode très-facile pour apprendre l’ortographe à ceux ou celles qui n’ont pas étudié le latin, et utile aux personnes qui ont la connoissance des belles lettres. Paris, 1725, in-8. La quatrième et la cinquième édition de cet ouvrage parurent sous ce titre: La méthode pour étudier et pour enseigner l’ortographe et la langue françoise, mise à la portée de toutes sortes de personnes de l’un et de l’autre sexe. Paris, 1740, pet. in-8; La Haye et Francfort, Jean van Duren, 1742, pet. in-8 de 400 pp. (Elles diffèrent des précédentes par la méthode d’enseignement et ont été augmentées d’une table en forme de dictionnaire.) Une autre cinquième édition sensiblement modifiée parut sous ce titre: Méthode pour aprendre l’ortographe et la langue françoise par principes. Cinquième édition, la seule dont on puisse se servir utilement. Paris, 1751, in-8 de 2 ff. et 332 pp.
La méthode de l’auteur, établie sur le son, sur les principes et sur l’usage, échappe à toute analyse. Il se prononce fortement contre le maintien des lettres étymologiques dans les mots dérivés du grec. Ce n’est du reste qu’un livre d’enseignement de l’orthographe d’usage.
Cheneau, sieur Du Marsais. Des Tropes ou des diférens sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue. Troisième édition. Paris, Prault, 1775, in-12 de XXII-362 pp. et 4 ff. (La première édition est de 1730.)
Le célèbre auteur des Tropes s’exprime ainsi:
«La prononciation, c’est un usage; l’écriture, c’est un art. Tout art a sa fin et ses principes, et nous sommes en droit de représenter, à propos de l’écriture, qu’on ne suit pas les principes de l’art, qu’on n’en remplit pas la fin, et qu’on ne prend pas les moyens propres pour arriver à cette fin.
«Il est évident que notre alphabet est défectueux, en ce qu’il n’a pas autant de caractères que nous avons de sons dans notre prononciation. Ainsi, ce que nos pères firent autrefois, quand ils voulurent établir l’art d’écrire, nous sommes en droit de le faire aujourd’hui pour perfectionner ce même art, et nous pouvons inventer un alphabet qui rectifie tout ce que l’ancien a de défectueux.