«VII. Dans les mêmes mots, l’étymologie fait conserver une lettre malgré la prononciation, et à son tour la prononciation en fait retrancher une ou plusieurs autres, malgré l’étymologie.»
L’auteur, après avoir établi sa proposition par de nombreuses preuves, demande qu’on écrive d’une manière uniforme: apeler, j’apèle, tu apèles, il apèle, nous apelons, vous apelez, ils apèlent; je jète, etc.; nous prenons, vous prenez, ils prènent; nous tenons, ils tiènent; étincèlemant, chancèlemant, renouvèlemant, démantèlemant, décèlemant, chancelier, chancèlerie, gabeleur, gabèle, etc.
«Pourquoi, après avoir écrit avec une seule r courir, coureur, coureuse, chariage, charier, chariot, etc., en met-on deux dans courrier, courriere, charretée, charrette, charroi, charron, etc.?
«VIII. Après avoir écrit un grand nombre de mots d’une maniere conforme à l’étymologie et à la prononciation, vous en écrivez une très-grande quantité d’autres analogues à ceux-ci d’une maniere contraire à l’étymologie, à la prononciation ou à l’analogie.»
L’auteur appuie cette assertion d’un grand nombre d’exemples et il demande que, selon la raison et l’uniformité, on écrive: èle est cruèle, la dentèle, la voyèle, come, home ou ome, courone, couroner, persone, actioner ou accioner, diccionêre, abandoner, personel, sérure, il poura, alouète, amulète, barète, sote, sotise, etc.
«IX. Sans que la prononciation l’exige, vous écrivez d’une maniere différente des mots dérivés les uns des autres.»
Suivent les exemples: d’un côté, abatage, abatis, abatant; de l’autre, abattement, abatteur, abattre, abattures, etc.
«X. Vous orthographiez d’autres mots de la même façon, quoique la prononciation exige qu’ils soient écrits différemment.»
Je citerai entre autres exemples: août, aoûté, femme et femmelette, innocent et innover, année et annuité, solennel, solennité.
«XIV. Votre orthographe actuelle n’a presque point de regle qui n’ait ses exceptions, exceptions qui ont elles-mêmes les leurs.