[184] La nouvelle forme du g,
, accueillie maintenant par la typographie moderne, rend l’application plus facile qu’elle ne l’était du temps de de Vailly. Cette forme se rapproche en effet beaucoup plus du j que celle du g.
[‡] Nous utilisons ici le ġ pour représenter le
de l'original.
La troisième et dernière partie est la mise en application de la réforme ainsi préconisée au nom du sexe féminin. Je crois devoir en reproduire ici l’exposition fac-simile:
«Pratique de l’Ortografe fondée ſur la bone prononciation.
«Juſqu’ici, Méſieurs, nous nous ſomes fet èder pour nous conformer à l’Ortografe actúele; mês, come nous avons, à ce qu’il nous ſanble, démontré de la maniere la plus ſanſible, qu’èle êt plène de bisâreries é de contradiccions; qu’èle chanġe continuèlemant ſans principes é ſans uniformité; que les Diccionnêres é les Auteurs ne ſont d’acord preſque ſur aucun point; qu’èle êt dépourvue de regles fixes; que, de votre propre aveu, il nous êt moralement impoſſible de la ſuivre; nous alons désormês ortografier ſuivant la réforme que nous desirons. Nous ſuivrons ſurtout les lois de la bone prononciacion, comme le ſeul guide rêsonable an cete matiere, ou, ce qui reviént au même, come le seul qui ſoit véritablemant à la portée de tout le monde. Inſi nous ſuprimerons les lètres qui ne se prononcent ġamês. Par-tout où nous antandrons le ſon de l’a, nous anploîrons un a. Par-tout où l’oreille nous indiquera le son de l’e, nous ferons usage de l’e, au lieu des æ, œ, ai, eai, ei, oi, eoi qu’on anploie ſouvant pour l’e.
Nous subſtitûrons l’i francês à l’y grec; le f au ph; le ci au ſi qui sone come çi; le ġ ponctué au j; les ġa, ġo, ġu aus gea, geo, geu. Nous anploîrons le qu avant l’e et l’i seulemant; avant les autres lètres nous ferons usaġe du c. (Voyez au diſcours de la lètre Q une excepcion pour les terminêsons des verbes an quer.) La longue ſ aura toujours le ſon siflant, antre deux voiıelles: paraſol, préſéance, reſantir, préſantir, etc. On anploîra l’s courte dans les mots où èle a ou peut avoir le ſon du z. Le z ne ſ’anploîra qu’au comancemant des mots, à la fin d’aſſez, chez, nez, rez de chauſée, é des segondes perſones dans les verbes, vous portez, lisez, estimez. Nous ne ponctûrons point l’i qui, précédé d’une voiıele, marque un mouıllé fort avec la lètre l, le travaıl, le conseıl, le senouıl; ou un mouıllé fèble, párén, camàıeu, péiıons, voiıons. Nous substitûrons l’s à l’x qui a le son de l’s, aus animaus; le chois étet douteus. Vous aurez, Mésieurs, la bonté de vous rapeler que dans touts ces chanġemants nous ne fesons guère que suivre vos traces, ou les exanples que vous nous avez donés, é garder par-tout une marche uniforme.